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27 SEP
2013

Nous étions à la conférence sur la Joie à l'épreuve de la vie par Emergences

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Emergences

Le vendredi 27 septembre a eu lieu à Bruxelles une conférence organisée par Emergences sur le thème "Bonheur et adversité : la joie à l'épreuve de la vie". Retour sur une journée exceptionnelle !

Organisée par Caroline Lesire et toute l'équipe de bénévoles d'Emergences, présentée par Ilios Kotsou, cette journée a réuni Matthieu Ricard, Christophe André, Magda Hollander-Lafon, Michel Lacroix, Eve Ricard, Patrice Gourrier et Anne-Dauphine Julian ! Chacun a apporté son expérience et son point de vue, et nous a permis de nous ouvrir les horizons quant au bonheur, à l'adversité, à la joie et aux "outils" que nous pouvons utiliser dans les moments durs.

Il serait impossible de faire une synthèse ici, mais nous allons tâcher de vous partager quelques points qui nous ont touchés (liste non exhaustive !)


Christophe André - le bonheur et les fantômes du malheur, adversité et réparations

Tout d'abord, Christophe André nous a apporté une vision scientifique du bonheur et de l'avdersité, et nous a aidé à y voir plus clair.
Comme disait Nietzsche, "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort". Cela semble vrai d'un point de vue scientifique, mais avec une certaine limite. En effet Christophe André nous a montré une étude qui a révélé que les gens les plus heureux étaient ceux qui avaient entre 1 et 5 "drames" dans leur vie. Ceux qui n'en n'ont pas eu semblent "moins heureux", moins armés pour avoir conscience des choses, mais par contre, ceux qui en ont plus que 5 sont apparemment "écrasés" sous leurs épreuves, et n'arriveront donc pas non plus à être heureux. Un "juste milieu" semble donc être important, selon ce point de vue.
Difficile pourtant de "forcer" les évènements pour avoir des drames, et/ou de les limiter pour en avoir maximum 5.

Finalement, il semblerait que le bonheur = bien-être + conscience. "Le bonheur est d'avoir quelqu'un à perdre". Bonheur et anxiété seraient donc indissociables. Par exemple un parent et son enfant : le parent a le bonheur d'avoir un enfant, mais il sait qu'il va un jour s'éloigner. 

En ce qui concerne la "conscience", on peut la diviser en 3 catégories :
- conscience de la fragilité du bonheur
- conscience de la fragilité de la vie
- conscience du malheur, tout autour de nous.

A chaque "type" de conscience, il y a un outil :
- Face à la fragilité du bonheur, il y a la puissance de l'instant présent
- Face à la conscience de la mort, il y a l'acceptation du tragique
- Face au malheur des autres, il y a l'altruisme !

La vraie sagesse serait le maximum de bonheur dans un maximum de lucidité (André Comte-Sponville)
Le bonheur n'est pas un but en soi, mais un moyen de la vie (Paul Claudel)

C'est donc dans la conscience que la vie se termine que le bonheur trouve toute son intensité. Il faudrait ne pas avoir de vision binaire, avec pour volonté de ne vivre que des choses positives, et éviter de vivre des choses négatives.
Albert Camus disait "Ce n'est plus d'être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d'être conscient"


Magda Hollander-Lafon, quatre petits bouts de pain

Magda est arrivée sur scène avec beaucoup d'humilité, voir de timidité. Elle nous a invité à poser des questions, en nous disant que toutes les questions étaient importantes, qu'il n'y en avait pas de bonnes ou mauvaises. Son témoignage (fille juive hongroise, déportée à Auschwitz-Birkenau en 1944 à 16 ans) était vraiment magnifique. Elle nous a ensuite parlé de l'importance de reconnaitre sa propre souffrance pour pouvoir faire remonter tout ce qui est en nous et le faire sortir de nous. Notre souffrance, il faut la visiter, la révéler, l'accueillir.
On peut avoir besoin de la mettre de côté pour prendre le train de la vie. Mais ensuite, il faut prendre le temps de la révéler.
A partir du moment où elle a fait ce "travail", elle ne s'est pas sentie victime de la Shoah, mais "témoin" de la Shoah.

Magda nous a également parlé de l'importance de la douceur envers soi, le pardon envers soi. On est responsable que de nous même, nous n'avons pas à prendre la souffrance de tout le monde sur nous en nous disant "pk moi je suis heureux alors que d'autres ne le sont pas ?"
Elle nous a également raconté comment elle s'évadait dans la poésie et les histoires pour ne pas tomber dans la peur et la souffrance pendant la guerre.
"La joie est une prière vivante, elle s'exprime et touche les autres. Cette joie, même le pire ne pourra l'atteindre !"
Comme elle le disait à l'époque "je ne suis pas heureuse, je suis joyeuse !"
Vraiment un magnifique témoignage... Je vous invite à la découvrir avec son livre "Quatre petits bouts de pain"

 

Michel Lacroix, L'action et la culture : deux moyens de surmonter nos épreuves.

Le philosophe Michel Lacroix nous a ensuite parlé de l'importance de l'action et de la culture en utilisant deux exemples tirés de roman : Jean Valjean (des Misérables de Victor Hugo) et Jean Christophe (de Jean Christophe de Romain Rolland). Tous deux vont sortir de leur condition à priori mal partie, pour trouver un sens à leur existence et leur vocation pour trouver une confiance dans la vie, trouver de l'optimisme.
Jean Valjean choisit la voie de l'action.
Jean Christophe choisit la voie culturelle.
Deux réactions face à l'adversité.
Par exemple, les gens qui travaillent dans des associations choisissent toujours celle-ci car elle combat un mal qu'ils ont vécu. Michel Lacroix nous a cité quelques exemples tiré de faits divers.
L'engagement a une vertu réparatrice, il permet de se reconstruire et de ne pas tomber dans le désespoir. C'est du même ordre pour le milieu artistique. L'art permet de conjurer le chagrin.
"Créer, c'est tuer la mort" écrit Romain Rolland.
Ces deux personnages ont pu avancer également grâce à une personne aimante qui leur a fait confiance et leur a tendu une main. Le philosophe nous a alors parlé de l'importance du lien à autrui, qui est la clé du problème du bonheur dans l'adversité. Ce lien est souvent dans les mots. Cela peut être une parole de consolation, d'encouragement, de condoléance, d'amitié, etc.
Pour finir, il a proposé de changer la fameuse phrase "Mon Dieu, dis seulement une parole et je serai guéri" pour l'adapter à notre époque laïque : "mon frère, mon semblable, mon prochain, dis seulement une parole et ma peine sera moins lourde à porter."


Eve Ricard, la dame des mots

Eve Ricard, fille de Jean-François Revel et soeur cadette de Matthieu Ricard, nous a fait un magnifique témoignage sur sa maladie de Parkinson depuis plus de 20 ans.
Elle nous a ainsi raconté plein d'anecdotes sur l'époque où elle a aidé des enfants à aimer lire, à aimer les mots. Matthieu est également revenu sur des moments de vie, c'était vraiment un très beau partage. Sa force face à la maladie est extrêmement inspirante. Elle nous a également parlé de l'importance de faire la différence entre "soi" et la maladie.
"Je ne suis pas la maladie"

 

Le père Patrice Gourrier, De la mort à la vie

Ce père atypique (et très très drôle) nous a tout d'abord raconté des anecdotes personnelles.
Il nous a par exemple raconté que "grâce" à son col de prêtre, des gens venaient le voir dans la rue pour parler avec lui. Il s'est alors rendu compte de l'importance de "l'habit", car il permettait de créer un lien plus facilement. Un alcoolique est par exemple venu le voir et lui a dit que si il n'avait pas eu de col, il ne serait pas venu.
Le père patrice Gourrier a insisté sur l'importance de l'expérience contre les études brutes qui "ne servent à rien".

Il nous a fait part de son parcours : Ancien businessman dans l'édition, il a voulu faire un "check-up" à 40 ans et c'est à cause de ça qu'il est allé jusqu'à faire une expérience de mort imminente ! Pendant des semaines, tous les chirurgiens qui se sont occupés de lui ont passé leur temps à "se tromper" et à le blesser. (perforation des intestins, d'un poumon, etc...). Une histoire incroyable, qu'il nous racontait avec une telle bonne humeur qu'ils nous étaient difficile de ne pas exploser de rire. Sourire garanti !
Lors de son expérience de mort imminente, il a senti une douce chaleur, un calme, une sérénité, qui l'a fait totalement changer de vie à son "retour".

Il nous a expliqué qu'un geste bon est bon pour l'ensemble, et un geste mauvais et mauvais pour l'ensemble. L'adversité durcit, et les gens qui rebondissent dans l'adversité ont un "ciel" en eux. Quand on perd notre capacité d'émerveillement on devient triste et on perd sa gaieté.
Le bonheur ne se suffit pas en tant que tel, le bonheur est un moteur pour agir !
Encore un très beau témoignage, drôle et poignant. Nous vous recommandons de le découvrir sur ses sites :
- Un site interreligieux auquel il participe : http://www.pere-moniale.com
- Le site de Talitha Koum : http://www.talithakoum.asso.fr
- Le site qui présente ses activités de méditation : http://www.gourrier-meditation.fr

 

Anne Dauphine Julliand, Aimer la vie, et l'aimer même si...

Nous avons eu ensuite sans doute le témoignage le plus poignant de cette journée... Toute la salle a été emue aux larmes en écoutant le témoignage de cette écrivaine, mère de deux enfants, dont l'un est parti trop vite...
Elle est revenue avec une transparence désarmante sur son histoire. Alors qu'elle vivait une vie "parfaite" avec un homme dont elle est très amoureuse, avec un fils adorable, elle a eu une fille qui a été le rayon de soleil de sa vie.
Lorsque sa fille a eu deux ans, alors que la famille se baladait sur une plage, Anne Dauphine souriait et regardait les petits pas que sa fille faisait dans le sable, qui étaient recouverts petit à petit par les vagues. Soudainement, elle a vu qu'un des pas n'étaient pas "normal"... S'en est suivi des examens, des peurs, pour finalement apprendre que sa fille avait une maladie incurable et dégénérative... Et qu'elle allait mourir quelques mois plus tard...

Anne Dauphine nous a alors raconté sans détour son vécu, ses peines, ses pleurs, sa colère, mais aussi la force de l'instant présent, apprécier chaque instant qu'il lui restait à vivre avec sa fille, la force de la famille, de son fils et de son mari qui ont tous avancé ensemble dans cette épreuve.

C'était un moment absolument magique, hors du temps, et je crois pouvoir dire que nous avons vraiment tous été extrêmement touchés par son histoire. Elle aura puisé une énorme force de cette épreuve, et même si le deuil n'est pas fini, et ne le sera peut être jamais, elle a vraiment trouvé des armes puissantes dans le moment présent, dans la capacité à voir ses pensées, à ne pas se laisser submerger. Et parfois au contraire, à se laisser aller dans la tristesse, à laisser parler son coeur, ses pleurs, à "accepter". C'était vraiment beau une telle transparence avec "nous".

Elle nous a dit que finalement le bonheur n'était pas dans le "deni" et pas non plus dans le fait de se laisser aller à la souffrance. Qu'une fois de plus, c'etait plus un "juste" milieu. Parfois se laisser aller, quand on est trop "fatigué", las, et parfois lutter contre une pensée négative. Elle nous disait par exemple que la pensée qui venait souvent était le "pourquoi". Pourquoi sa fille a eu ça, pourquoi sa famille, pourquoi elle, etc... et qu'à cette question, il n'y avait pas de réponse. Elle a donc appris à tout de suite "voir" cette pensée arriver, et à la "laisser passer" pour ne pas la nourrir. Car elle savait que d'aller dans cette direction serait juste de la souffrance.
Un très très beau moment.

 

Matthieu Ricard, plaidoyer pour l'altruisme

Ce moine bouddhiste, scientifique et photographe, venait faire une "synthèse" (exercice difficile qu'il a relevé avec brio !) à la fin de chaque témoignage, nous vous avons noté quelques idées :

Nous pensons que le mal ultime existe. Que le "mal uniquement pour faire le mal" existe. Comme dans les films où un méchant est LE méchant, et il n'est là que pour faire le mal. Or cela n'existe pas ! Personne ne fait le mal pour le mal. Même le pire des criminels aura une "raison", aussi terrible soit-elle.
Souvent l'origine de ce mal est la déshumanisation de l'autre, la peur. La diabolisation, etc.
Le mal a donc des raisons et parce qu'il a des raisons, l'on peut y remédier ! Nous pouvons trouver des remèdes. L'un de ces grands remèdes est le pardon. (il a ici donné beaucoup d'exemples de pardon)

Il faut avoir conscience qu'être confronté à la souffrance fait qu'on est soit même touché par la souffrance. 60% du personnel hospitalier fera un burnout dans sa carrière !
Par contre, une étude semblerait montrer que les gens qui ont une bonté profonde sont moins touchés par le burnout. La bonté serait une sorte de "protection" au burnout. Il nous faut donc tout simplement d'avantage d'Amour.

A ce sujet, son dernier livre, plaidoyer pour l'altruisme vient tout juste de sortir !

 

Voila pour ces quelques points :)
Une information, et qui n'est pas des moindres, c'est que tous les intervenants sont venus gratuitement, et les revenus de la journée ont servi en intégralité pour 3 associations humanitaires :
- Les enfants de la rue, au Brésil
- Karuna Shechen, au Tibet
- Le Samu Social, à Bruxelles

Le lendemain avait lieu une autre journée organisée par émergences, avec une matinée de pratiques de méditation intitulée "Cultiver le calme dans l'adversité" où Thierry Janssen, Edel Maex, Patrice Gourrier et Matthieu Ricard ont partagé avec nous une méthode de méditation qu'ils affectionnent, et une après midi sur le sujet "plaidoyer pour l'altruisme". Encore une magnifique journée où nous avons eu la chance d'être présent. Mais pour en savoir plus, il faudra attendre les vidéos de la journée ;)

Un énorme BRAVO et MERCI à toute l'équipe d'Emergences et aux intervenants qui ont donné de leur temps et leurs partages si précieux !

Je n'ai qu'une chose à dire : "à l'année prochaine !" ;)

LePanda

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